Burkina Faso Mise à jour des messages clés Mai - Septembre 2026 : La faiblesse des revenus limite l’accès alimentaire dans le nord du pays
Country: Burkina Faso
Source: Famine Early Warning System Network
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Messages clé
Des résultats de Crise ! (Phase 3 ! de l’IPC) persistent à Karo-Peli et de Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) à Djelgodji et Yagha en mai 2026. Malgré la disponibilité des céréales sur le marché, les revenus issus de la vente de l’eau, de l’orpaillage et des envois d’argent par les proches sont insuffisants pour effectuer des achats. Grâce à l’assistance alimentaire dans ces zones, les ménages pauvres de Djelgodji et de Yagha ont une consommation alimentaire adéquate ; toutefois, de graves déficits de consommation contraignent ceux de Karo-Peli à limiter les quantités et le nombre de repas quotidiens. Entre juin et septembre, les ménages pauvres à Karo-Peli seront exposés à l’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Le recours accru aux produits sauvages, conjugué à un accès limité aux denrées de base, les contraindra à adopter des stratégies d’adaptation sévères, notamment à passer une journée entière sans repas.
Les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont attendus entre juin et septembre dans les provinces à fort défi sécuritaire au nord (Djelgodji, Loroum, Oudalan, Séno, Kossin, Sourou) et à l’est (Komandjori, de Yagha, du Gourma, de la Kompienga, du Dyamongou, du Gobnangou). Les ménages pauvres dans ces zones seront principalement dépendants du marché pour leur alimentation, avec toutefois des revenus faibles qui seront insuffisants pour couvrir leurs besoins de consommation. Le recours aux produits de cueillette ne sera pas suffisant pour éviter des écarts importants de consommation. Ils seront contraints de réduire à la fois les quantités et le nombre de repas par jour, ou de limiter la consommation des adultes au profit des enfants.
L’offre céréalière s’est améliorée sur les marchés des zones à fort défi sécuritaire (régions du Liptako, Soum et de Tapoa) cette année par rapport aux trois dernières années, bien qu’en dessous de son niveau avant la crise. L’augmentation du nombre de convois de ravitaillement, les ventes subventionnées de céréales et l’existence de flux transfrontaliers entrants (cas des marchés de Gorom-Gorom, Markoye, Kantchari et Diapaga) permettent d’éviter les ruptures de vivres sur les marchés. Par ailleurs, la disponibilité de l’assistance alimentaire contribue à réduire la demande des ménages sur le marché. L’offre céréalière dans ces zones devrait rester supérieure à celle de 2025, au moins jusqu’aux nouvelles récoltes de septembre.
En avril, les prix des céréales demeuraient 25 à 35 pour cent en dessous de leurs niveaux de 2025 et 18 à 30 pour cent inférieurs à la moyenne quinquennale dans l’ensemble du pays. Ces prix sont restés stables ou en légère baisse par rapport au mois précédent, ce qui est contraire aux hausses saisonnières typiquement observées. La baisse globale des prix s'explique par une offre supérieure à la demande, des restrictions à l’exportation, ainsi que par des ventes subventionnées ou des opérations de distribution alimentaire. Néanmoins, des hausses de 9 à 23 pour cent par rapport à la moyenne quinquennale persistent dans les zones à fort défi sécuritaire, en particulier sur les marchés d’Arbinda, de Sebba et de Diapaga.
Bien que les incidents sécuritaires restent à des niveaux élevés, une baisse relative de 4 pour cent a été enregistrée dans l’ensemble du pays entre janvier et avril 2026. De même, le nombre de décès liés aux conflits a chuté de 45 pour cent pendant la même période par rapport à la moyenne des trois dernières années (ACLED). Les alertes — généralement d’origine sécuritaire et constituant un facteur des déplacements de populations — ont également diminué de 47 et 31 pour cent respectivement, par rapport à la même période en 2025 et 2024 (GCORR). Des déplacements de population ont néanmoins eu lieu durant cette période, mais les effectifs des populations nouvellement déplacées ont été moins élevés (44 577 personnes), ce qui représente une baisse de 77 et de 49 pour cent respectivement par rapport à 2025 et 2024. Ces améliorations favorisent les retours de populations dans leurs localités d’origine et pourraient également favoriser la pratique des activités agricoles pour cette saison qui commence.
La mise à jour des prévisions saisonnières de mai prévoit plutôt des cumuls pluviométriques inférieurs à moyens pendant la période de saison pluvieuse de juin à septembre. Ce qui est contraire aux prévisions formulées les mois précédents, qui anticipaient des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne dans la région du Sahel. En outre, des séquences de jours sans précipitations significatives, longues et à tendance moyenne, sont également attendues en début de saison. Cette situation pourrait entraîner des resemis plus importants et affecter négativement le calendrier ainsi que l’efficacité d’utilisation des engrais. En outre, les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les prix des engrais entraîneront une hausse des prix sur les marchés et une baisse de l’offre, réduisant ainsi l’accès des producteurs aux engrais. Ces différents facteurs pourraient impacter négativement les perspectives de récolte dans le pays pour la campagne agricole 2026/2027. ...