Haiti: MSNA – Termes de Référence de la recherche : Evaluation multisectorielle des besoins en Haïti 2026 (HTI2601, Haïti) - 15 mai 2026, Version 1
Country: Haiti
Source: REACH Initiative
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2. Justification
2.1 Contexte et informations générales En 2026, la crise humanitaire en Haïti s’est encore aggravée, avec une intensification des besoins et une fragilisation accrue des services essentiels. Les violences armées, désormais étendues au-delà de la zone métropolitaine de Port-au-Prince vers les provinces, ont provoqué le déplacement forcé de près d’1,4 million de personnes, soit environ 12 % de la population haïtienne2. L’ouragan Melissa, survenu en octobre 2025, a accentué cette vulnérabilité en détruisant ou endommageant plus de 842 000 habitations et infrastructures vitales, perturbant durablement les moyens de subsistance3. Dans ce contexte, les Haïtiens demeurent exposés à une insécurité persistante, à des violences basées sur le genre d’une ampleur alarmante, et à des phénomènes climatiques extrêmes qui dépassent les capacités de réponse du pays.
Les conséquences de cette insécurité généralisée se traduisent par une détérioration dramatique du système de santé. Depuis 2025, seuls 10 % des établissements disposant de capacités d’hospitalisation restent pleinement opérationnels et à Port-au-Prince, où vivent près de 3 millions de personnes, ce chiffre n’atteint que 11 %4. Les services obstétricaux et néonataux d’urgence sont notamment particulièrement affectés, tandis que la résurgence du choléra et la propagation de la dengue aggravent les risques sanitaires dans les zones dépourvues d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Parallèlement, plus de 225 000 Haïtiens5 ont été expulsés vers leur pays depuis le début de l’année, majoritairement en provenance de la République dominicaine, accentuant la pression sur des communautés déjà fragilisées.
Sur le plan alimentaire, la situation atteint un seuil critique. Environ 5,83 millions de personnes vivent une insécurité alimentaire aiguë, dont 1,9 million en phase d’urgence (Phase 4 de l’IPC), plaçant Haïti parmi les crises de la faim les plus graves au monde6. Les hausses des prix du carburant ,29 % pour l’essence et 37 % pour le diesel, ont entraîné une augmentation des coûts de transport et de distribution, dépassant parfois 50 %, ce qui accentue la pression sur des prix alimentaires déjà élevés7. Malgré un léger ralentissement de l’inflation (22,1 % en février 2026), les ménages continuent de recourir à des stratégies d’adaptation érosives, tandis que la faiblesse de la production agricole et les contraintes d’accès aux intrants maintiennent le pays dans une insécurité alimentaire chronique.8
Ainsi, l’année 2026 s’inscrit dans une trajectoire de crise multidimensionnelle où se conjuguent violence armée, effondrement des services de base, déplacements massifs et vulnérabilités économiques. Les perspectives de stabilité demeurent fragiles, alors que les populations haïtiennes affrontent simultanément les menaces de la faim, de la maladie et de l’exclusion sociale, dans un contexte où les capacités nationales et internationales peinent à répondre à l’ampleur des besoins. ...