Niger - Mise à jour des messages clés : Des déficits de consommation alimentaire persistent dans les zones de conflit, Mai - Septembre 2026
Country: Niger
Source: Famine Early Warning System Network
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Messages clé
Des résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) persistent dans les régions de Tillabéry, Diffa et du nord-ouest de la région de Tahoua, de mai à septembre, où l’insécurité a entraîné une faible production agricole conduisant à un épuisement précoce des stocks alimentaires et une forte dépendance aux marchés, tant pour les déplacées que pour les ménages pauvres. Le pouvoir d’achat est insuffisant qui ne leur permettent pas d’accéder à des quantités adéquates de nourriture, face à des prix élevés (le mil se vend à 300 FCFA/kg au lieu du prix national de 230 FCFA/kg). La faible demande et l'augmentation de l'offre de main-d'œuvre locale disponible entraînent une baisse des revenus inférieure à la moyenne saisonnière, obligeant ces ménages à réduire le nombre de repas, générant ainsi des déficits alimentaires. Des groupes restreints connaissent une insécurité alimentaire aiguë d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Ce sont les ménages déplacés qui envoient leurs enfants mendier et les ménages résidents très pauvres qui sont obligés de consommer les stocks de semences conservés pour la prochaine campagne agricole.
Une insécurité alimentaire aiguë de Stress (Phase 2 de l’IPC) est observée dans presque tout le pays et pourrait persister jusqu’en septembre 2026. Les zones concernées sont principalement les zones agricoles, agropastorales et pastorales qui ne sont pas affectées par les conflits et dont les marchés fonctionnent normalement, mais affichent des prix élevés. Les ménages pauvres, à faibles revenus et qui n’ont plus de stocks alimentaires, sont les plus affectés. Ils ont une consommation alimentaire adéquate, mais sont incapables de satisfaire les besoins essentiels non alimentaires sans recourir à des stratégies d’adaptation négatives.
L’insécurité civile s'est considérablement accrue suite à une augmentation du nombre d’incidents sécuritaires et de déplacés dans les foyers de conflit. Selon ACLED, le nombre total d’incidents sécuritaires a augmenté de 33 pour cent entre janvier et avril 2026 par rapport à la même période en 2025, avec des augmentations de 53 pour cent, 19 pour cent et 12 pour cent enregistrées, respectivement dans les régions de Tillabéry, Dosso et Diffa. Ces attaques de groupes armés ont entraîné des déplacements continus de populations. La population en déplacement interne (PDI) est estimée à 548 000 personnes, soit 53 pour cent de la population totale en déplacement forcé de 1 042 859 personnes, selon l’UNHCR. Ces PDI sont concentrés à Tillabéry (45 pour cent), Diffa (32 pour cent) et Tahoua (12 pour cent), ce qui amplifie la pression sur les sources de revenus et de nourriture dans ces régions.
Le fonctionnement des marchés est perturbé dans les zones de conflit, où les prix des denrées de base sont supérieurs de 30 pour cent à la moyenne nationale. L’offre est en baisse par rapport à l’année dernière et à la moyenne quinquennale, en raison des répercussions des conflits et du recul de la production agricole 2025/26 consécutif à l’arrêt précoce de la saison des pluies et à la baisse des superficies emblavées. Dans le reste du pays, l'offre moyenne sur les marchés reflète un fonctionnement normal, la demande toutefois inférieure à celle de l’année dernière, du fait de la disponibilité des stocks de report et du démarrage de la vente de céréales à prix modéré. Les prix des denrées alimentaires, inférieurs à ceux de l'année dernière, s'inscrivent dans la ligne de la baisse de 7,5 pour cent du taux global d'inflation en glissement annuel enregistrée en avril 2026 par rapport à 2025 (Institut national de la statistique).
Les perturbations du commerce international provoquées par les conflits en cours au Moyen-Orient pourraient, à moyen terme, augmenter les prix des produits importés, notamment le riz importé, l’huile, le sucre, la farine de blé et les engrais. Cette augmentation des prix de ces produits constitue un facteur additionnel, réduisant davantage le pouvoir d’achat des ménages particulièrement pauvres et déplacés, ainsi que celui des ménages des centres urbains. Toutefois, les prochaines récoltes, ainsi que la stabilité des prix des hydrocarbures et des coûts de transport résultant d'une production domestique de carburant permettant de maîtriser l'inflation, atténueront les impacts sur l’accès aux produits alimentaires.
Les précipitations pour la prochaine saison pluvieuse, de juin à septembre, sont estimées inférieures à la moyenne, contrairement aux prévisions antérieures qui prévoyaient des précipitations moyennes à supérieures à la moyenne dans la région du Sahel.Par ailleurs, des périodes de longue à moyenne durée, sans précipitations significatives au début de la saison, sont aussi attendues. Les effets combinés d’une pluviométrie déficitaire, d’une faible utilisation d’engrais par rapport à la normale, à la suite de la hausse de leur prix due au conflit au Moyen-Orient, et d’une baisse des superficies cultivées à cause des entraves à l’accès aux champs dues à l’insécurité civile vont entraîner une baisse de la production agricole globale pour la campagne 2026/2027. Les pics de baisse de la production céréalière seront enregistrés dans les zones affectées par les conflits. ...