La gestion de la Fédération tahitienne de va'a critiquée par la CTC

Tahiti le 15 juillet 2026. Alors que le Heiva touche à sa fin et que les courses de pirogues qui les accompagnent se déroulent encore, la Chambre territoriale des comptes a rendu son rapport sur la gestion de la Fédération tahitienne de Va’a.
Sport emblématique du patrimoine polynésien, réunissant en 2025, 4190 licenciés et 192 clubs, le va’a est géré localement par la Fédération tahitienne de va’a qui assure une mission de service public en œuvrant pour le développement de la discipline et en organisant les compétitions et les sélections. Cependant, son mode de gestion, passé au crible par la Chambre territoriale des comptes est estimé comme présentant « de nombreuses insuffisances ».
"Le fonctionnement institutionnel de la fédération est marqué par un non-respect des statuts", frappe la CTC, mettant noir sur blanc ce qui est souvent pointé du doigt par les clubs et les rameurs eux-mêmes. "Les instances dirigeantes que sont le bureau et conseil fédéral ne se réunissent pas assez régulièrement, et lorsqu'elles le font, la traçabilité des décisions est souvent absente ou incomplète, avec des procès-verbaux non signés ou manquants", poursuit la CTC dans sa synthèse de document.
Souvent présenté comme un club fermé, les instances dirigeantes sont malmenées. "Une attention particulière doit par ailleurs être portée au respect des attributions respectives des différentes instances de gouvernance et la collégialité du fonctionnement de la fédération doit être renforcée par la réunion régulière des commissions fédérales prévues par le règlement intérieur", poursuit le document de la CTC.
Les comptes en souffrance
A l’occasion des travaux de la CTC, la Fédération tahitienne de va’a a montré ses faiblesses comptables. "La fédération entretient des liens étroits avec l’association comité organisateur Hawaiki Nui va’a (ACOHV), ce qui génère une confusion de moyens humains et matériels au détriment de la fédération, qui n’a notamment été remboursée de sommes dues par l’ACOHV qu’à la suite du contrôle de la chambre", explique la CTC. Une fragilité dans la façon de tenir ses comptes relevée par la CTC qui demande que la FTV "formalise la plupart de ses procédures comptables et financières et prenne toutes les dispositions pour garantir la fiabilité de ses comptes, qui n’est aujourd’hui pas assurée faute d’expertise suffisante en interne."
Pas de documents comptables, pas de commissaire aux comptes malgré l’attribution d’aides publiques, usage d’argent liquide lors des déplacements internationaux sans justificatifs de dépenses, la CTC reste assez critique envers une fédération qui malgré tout organise chaque année un nombre impressionnant d’événements. Seulement, sa dépendance aux subventions publiques (58,3 % de ses produits d’exploitation) ne lui donne que très peu de marges de manœuvre, alors pourtant que de nombreuses actions sont annoncées dans le cadre de la candidature à la délégation de service public.
"En l’absence de véritable possibilité de réduction des charges de fonctionnement, il apparaît indispensable que la fédération étudie les leviers à sa disposition pour assurer un niveau de recettes lui permettant de financer les actions annoncées, ce qui passe en priorité par une gestion rigoureuse du recouvrement de l'ensemble de ses créances, qu’il s’agisse des licences, des cotisations, des participations individuelles versées dans le cadre du championnat du monde, des redevances ou encore des sommes dues par l’ACOHV", explique la CTC.
Les recommandations
Mettre en place sans délai une procédure formalisée de conservation des procès-verbaux des instances délibératives, dans un registre unique.
Veiller sans délai au fonctionnement régulier et effectif des commissions fédérales prévues par le règlement intérieur.
Compléter dès à présent le projet d’actions fédéral avec des indicateurs pertinents et réaliser un bilan régulier de la mise en œuvre du projet fédéral.
Dès 2026, formaliser, par convention écrite, les relations de la fédération avec les tiers et s’assurer de la bonne exécution des conventions.
Mettre en place instamment une procédure d’encaissement exhaustif des participations individuelles dans le cadre du championnat du monde.
Établir annuellement, dès 2026, un compte de résultat et un bilan, conformes au plan comptable général.
Fiabiliser, à compter de l’exercice 2026, la tenue du grand livre, d’une part en se dotant d’une procédure formalisée de transmission régulière des pièces comptables et d’autre part en effectuant un rapprochement bancaire régulier.
Procéder, dès 2026, à la désignation d’un commissaire aux comptes.
Généraliser dès à présent les paiements par carte bancaire lors des déplacements internationaux.
En conformité avec l'article 17 des règlements généraux, mettre fin sans délai à la délivrance de licences sans paiement préalable.
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