Danse et Donso N’Goni : Transmettre un patrimoine vivant

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Le Donso N’Goni et les danses qui l’accompagnent occupent une place majeure dans le patrimoine culturel malien. Traditionnellement associé aux confréries de chasseurs, l’instrument accompagne encore des rites, des cérémonies familiales et des festivals. Porteur d’histoire, de valeurs et de savoirs ancestraux, cet ensemble culturel est aujourd’hui confronté au défi de sa transmission aux jeunes générations.
Le Donso N’Goni, harpe-luth traditionnellement liée aux confréries de chasseurs du monde mandingue, occupe depuis des siècles une place centrale dans les cérémonies. Associé à des danses codifiées, il exprime le courage, la discipline, la solidarité, la maîtrise de soi et le respect de la nature. Ses chants transmettent aussi des récits historiques, des généalogies et des enseignements collectifs. Selon Bourama Coulibaly, acteur culturel, l’instrument se jouait autrefois principalement lors des rencontres de chasseurs, notamment pendant le « Bôlo tourou », cérémonie de plantation des piquets. Après cette étape, les chasseurs apportaient la viande au chef, chargé de la conserver jusqu’au « Bôlo bô », cérémonie d’aarachage du piquet. Le Donso N’Goni accompagnait également le « Dankoun son », le « Jibon », le « Couchi » et le « Kala kala kari », rite de purification du défunt et de sa famille. Aujourd’hui, son usage s’est élargi aux baptêmes, mariages, funérailles de chefs chasseurs, concerts et festivals.
Défis
Malgré sa place dans la mémoire collective, les détenteurs de ce patrimoine s’inquiètent du recul de l’intérêt des jeunes. L’influence des musiques modernes, la disparition progressive de certains maîtres, l’absence de cadres réguliers d’apprentissage et la faible valorisation sociale de cette pratique fragilisent sa continuité.
Les maîtres N’Faly Diakité et Drissa Bagayogo craignent que la disparition des anciens n’entraîne celle de savoirs rarement consignés. Chaque maître détient des techniques de jeu, des récits, des formules rituelles et une connaissance des pas de danse. « Les jeunes préfèrent aujourd’hui les soirées modernes aux soirées traditionnelles. Certains les jugent dépassées. L’intérêt baisse », regrette Drissa Bagayogo.
Pour les acteurs culturels, les initiatives restent insuffisantes. Ils plaident pour des centres spécialisés, des ateliers dans les écoles, l’enregistrement des répertoires, la formation de jeunes instrumentistes et facteurs d’instruments, ainsi qu’un soutien durable aux maîtres et aux festivals. Cette transmission suppose l’implication des familles et des communautés. L’enjeu n’est pas de figer cette tradition, mais de transmettre ses codes, son histoire et sa fonction sociale afin qu’elle demeure un patrimoine vivant.
Joseph Amara Dembélé ...
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