SMAE 2026 à Zinder : Financer l’école par les ressources locales

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Face au recul des financements internationaux, les acteurs de l'éducation réunis à Zinder défendent une nouvelle approche : faire des collectivités, des parents, de la diaspora et du secteur privé les premiers investisseurs de l'école nigérienne.
L'avenir de l'école nigérienne ne dépendra plus uniquement des bailleurs internationaux. À Zinder, ce message a résonné comme un appel à l'action lors du lancement de la Semaine mondiale d'action pour l'éducation (SMAE 2026). Cette année, la campagne internationale met l'accent sur une question devenue centrale : comment financer durablement l'éducation en mobilisant d'abord les ressources locales ?
Réunis dans la salle de l'ancien Conseil régional, responsables administratifs, autorités coutumières, acteurs de l'éducation, représentants des collectivités locales et organisations de la société civile ont partagé une même conviction : la pérennité du système éducatif nigérien passe désormais par une implication plus forte des communautés.
L'école face à un nouveau défi financier
La réflexion intervient dans un contexte marqué par la multiplication des crises internationales. Les conflits armés, les effets du changement climatique, la diminution progressive de l'aide extérieure et les risques de privatisation de certains services publics fragilisent les systèmes éducatifs dans plusieurs pays.
Pour les participants, ces mutations imposent un changement de paradigme. Il devient indispensable de développer des mécanismes de financement capables de résister aux aléas de la conjoncture internationale.
Le président de la Coalition ASO-EPT Niger, Illiass Alhousseini, a rappelé que l'Objectif de développement durable n°4, qui vise une éducation inclusive et de qualité pour tous à l'horizon 2030, restera hors de portée sans une mobilisation rapide des ressources nationales et locales.
Il a également salué l'orientation des autorités nigériennes, qui privilégient désormais un financement accru de l'éducation sur les ressources propres de l'État dans le cadre de la politique de refondation.
Zinder veut transformer ses bons résultats en modèle durable
Si la conférence a insisté sur les défis financiers, elle s'est également appuyée sur des résultats jugés encourageants. Lors des derniers examens scolaires, la région de Zinder a enregistré 73,42 % de réussite au CFEPD et 56 % au BEPC. Pour les responsables éducatifs, ces performances démontrent qu'une coopération efficace entre l'État, les collectivités territoriales, les communautés et les établissements scolaires peut produire des résultats concrets. L'enjeu consiste désormais à préserver cette dynamique en consolidant les mécanismes locaux de financement.
Les communes appelées à devenir les premiers partenaires de l'école
Au cœur des échanges figuraient les Fédérations communales des Comités de gestion décentralisés des établissements scolaires (FCC-CGDES). Ces structures de proximité sont appelées à jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation des ressources destinées aux écoles.
Les participants ont notamment plaidé pour une implication accrue des communes dans les investissements éducatifs, un recours plus systématique aux budgets participatifs, ainsi qu'un accompagnement renforcé des élus locaux afin que les questions éducatives occupent une place prioritaire dans les politiques communales.
Diaspora, entreprises et parents : un nouveau pacte de financement
Au-delà des financements publics, la conférence a dessiné les contours d'un modèle plus participatif. Les organisateurs souhaitent encourager la création de partenariats entre les établissements scolaires, les entreprises locales, les associations, les ressortissants vivant à l'étranger et les communautés elles-mêmes.
Parmi les pistes évoquées figurent les contributions volontaires de la diaspora, l'appui du secteur privé, les initiatives communautaires de solidarité ainsi qu'une implication plus active des parents d'élèves dans la vie financière des écoles.
L'objectif est également de renforcer le contrôle citoyen sur la mobilisation et l'utilisation des ressources afin d'améliorer la transparence dans la gestion des budgets scolaires.
Faire de chaque citoyen un acteur de l'éducation
À travers cette 24ᵉ édition de la Semaine mondiale d'action pour l'éducation, ASO-EPT Niger entend aller au-delà d'une simple campagne de sensibilisation.
Les participants sont appelés à maîtriser les mécanismes d'élaboration des budgets scolaires prévus par la législation nigérienne, mais surtout à devenir des relais dans leurs communes pour promouvoir un financement plus participatif de l'éducation.
Soutenue par le Partenariat mondial pour l'éducation, Oxfam et Save the Children International, l'initiative ambitionne de faire émerger une culture de responsabilité partagée autour de l'école.
À Zinder, le message est désormais clair : l'avenir de l'éducation ne se construira pas uniquement dans les ministères ou grâce aux partenaires extérieurs. Il dépendra aussi de la capacité des collectivités, des familles, des entreprises et des citoyens à faire de l'école une priorité commune.
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