Casques et ceintures : Une loi sans contrôles ne sauve personne

© JDM
Au Mali, le casque et la ceinture de sécurité sont obligatoires. Pourtant, dans les rues de Bamako comme sur les grands axes, leur port reste largement aléatoire. Le problème n’est donc plus juridique. Il tient à l’application discontinue de la règle, annoncée avec fermeté, puis abandonnée jusqu’à la campagne suivante.
L’exemple du Bénin, du Togo ou du Niger mérite d’être observé sans idéalisation. Dans ces pays, tout le monde ne respecte pas toujours la loi. Mais les contrôles réguliers, les sanctions visibles et la continuité de l’action publique ont progressivement installé des réflexes. La discipline routière ne naît pas d’un peuple naturellement plus obéissant. Elle se construit lorsqu’une infraction entraîne réellement une conséquence.
En pratique, les délais successifs accordés aux motocyclistes et aux automobilistes ont souvent produit l’effet inverse. À force de menacer sans contrôler durablement, l’État affaiblit sa propre parole. L’usager comprend qu’il suffit d’attendre la fin de l’opération. La règle devient négociable, alors qu’elle protège directement des vies.
Le port du casque ne relève pourtant ni du confort ni de l’esthétique. Il réduit fortement les risques de décès et de traumatismes graves. La ceinture, elle aussi, limite les conséquences des chocs, même à faible vitesse. Cela suppose aussi des casques homologués accessibles, afin que la sécurité ne devienne pas une obligation réservée aux seuls ménages aisés.
Il faut désormais sortir des campagnes éphémères. Des contrôles permanents, des sanctions proportionnées, une communication claire et l’exemplarité des agents publics peuvent rétablir la crédibilité de la loi. Une autorité qui protège ne se contente pas d’annoncer. Elle applique, explique et tient dans la durée. ...
이 뉴스, 어떠셨어요?
탭 한 번으로 반응 · 로그인 불필요